Une seule forme de contagion se propage plus rapidement qu’un virus. Et c’est la peur.

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Plus contagieuse que la peste, la peur se communique en un clin d’œil.
La contagion des fureurs populaires est parfois si grande et si rapide, qu’on pouvait croire en effet que la première étincelle ferait un grand embrasement.
Le virus est constitué par un parasite microscopique qu’on multiplie aisément par la culture, en dehors du corps des animaux que le mal peut frapper.
Le vice aussi bien que la vertu se propage par contagion mentale.
La peur naît à la vie plus vite que tout autre chose.
La contagion est donc une invitation à réfléchir. La quarantaine en offre l’occasion. Réfléchir à quoi ? Au fait que nous n’appartenons pas seulement à la communauté humaine. Nous sommes l’espèce la plus envahissante d’un fragile et superbe écosystème.
Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c’est pire que s’ils tombent vraiment malades. D’un autre côté, s’ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi.
La terreur est toujours un dangereux système : plus on est craint, et plus on doit craindre soi-même.
Le conteur, qui veut faire paraître des choses absentes, y réussit bien mieux par le frisson de la peur que par une suite raisonnable de causes et d’effets.
On a assez remarqué que la peur est plus grande de loin, et diminue quand on approche.

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