La poésie en dit long et c’est vite fait ; la prose ne va pas loin et prend du temps.
Écrivain, 1920-1994La poésie en dit long et c’est vite fait ; la prose ne va pas loin et prend du temps.
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Contes de la folie ordinaire
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La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
Les poèmes ne sont pas faits pour signifier, ils sont faits pour intensifier les mots.
La vie d’un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu’un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps…
La poésie tient plus de la précision que du vague.
Ce n’est donc pas l’auguste aéropage de la poésie et de l’éloquence.
Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
Pour être poète, il faut du temps : bien des heures de solitude, seul moyen pour que quelque chose se forme, vice, liberté, pour donner style au chaos.
La musique laisse la poésie loin derrière elle ; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
La poésie est le plus ancien récit, et je croirais bien que c’est la poésie qui nous a d’abord consolés du langage.
La poésie ne permet guère que l’on se partage, et un art si sublime et si pénible se peut rarement allier avec l’embarras des affaires et les occupations tumultuaires de la vie.

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