Je n’suis pas le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre, et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre.

Je n’suis pas le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre, et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre.

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Midi 20
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J’ai cette chance d’aimer le jeu, d’être un attaquant différent. Mais j’aime aussi inscrire des buts. Normalement, tu ne peux pas faire les deux. Mais, moi, j’y arrive.
Très tôt, j’ai su quel chemin serait le mien, à quel jeu je jouerais. Ce jeu m’amuse, il compose une part de ma vie secrète. Personne ne peut se dire le censeur de mes nuits, personne ne peut se dire l’organisateur de mes libertés. Ma vie est mienne, et mes secrets aussi.
Je m’étonne de tomber dans l’angoisse et pourtant ! Je ne cesse de jouer : c’est la condition de l’ivresse du cœur. Mais c’est mesurer le fond nauséeux des choses : jouer, c’est frôler la limite, aller le plus loin possible et vivre sur un bord d’abîme !
Je ne saurais juger d’une même chose exactement de même ; je ne puis juger de mon ouvrage en le faisant ; il faut que je fasse comme les peintres, et que je m’en éloigne ; mais non pas trop. De combien donc ? devinez.
J’étais pas si fou qu’on a voulu l’dire, parce que j’avais du talent.
J’éprouve toujours du plaisir à jouer dans un pré : là, il n’y a aucune obligation de victoire.
Je fais de mon mieux, dans le respect de moi-même, avec les cartes de l’instant ; le reste appartient à l’univers.
Si, à votre gré, je n’ai pas encore assez de talent, supposez que je sois mort, et tout à coup votre estime et mon talent seront au pair.
Du filz autant m’est la personne chere,
Comme j’av eu à contre-cœur le pere.
La vie m’a donné la chance de pas avoir de revanche à prendre.

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