A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l’entretenir.
Écrivain, 1808-1889A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l’entretenir.
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Source vérifiée
Les Diaboliques (1874), La vengeance d’une femme
… Il avait donc quitté sa balustrade et suivi… très résolu à pousser à fin la très vulgaire aventure qu’il entrevoyait. Pour lui, en effet, cette femme qui s’en allait devant lui, déferlant onduleusement comme une vague, n’était qu’une fille du plus bas étage; mais elle était d’une telle beauté qu’on pouvait s’étonner que cette beauté ne l’eût pas classée plus haut, et qu’elle n’eût pas trouvé un amateur qui l’eût sauvée de l’abjection de la rue, car,à Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le Diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l’entretenir.
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Joli paradoxe : la femme est le chef-d’œuvre de Dieu, surtout quand elle a le diable au corps.
Dieu s’est fait homme ; soit ! Le diable s’est fait femme !
Une femme est un spectacle offert par les dieux.
L’homme a créé la femme avec quoi donc ? Avec une côte de son dieu, de son « Idéal ».
Visage d’ange mais c’est un diable. Princesse redoutable. Préfère le maniement du sabre à l’apprentissage du piano, les courses à cheval aux ragots. Déteste les jérémiades.
Dieu a laissé discuter un ange. Il a eu Satan. L’homme a laissé discuter sa femme. Il a eu la femme.
Mais il faut donc avoir des chevaux fringants, des livrées et de l’or à flots pour obtenir le regard d’une femme de Paris ? Le démon du luxe le mordit au cœur, la fièvre du gain le prit, la soif de l’or lui sécha la gorge.
La femme ? C’est Satan !
L’homme propose, dieu dispose, la femme s’interpose.
Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sur qu’elle a peur de la Bête du Bon Dieu.

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