Notre fatigue est souvent causée non pas par le travail, mais par l’inquiétude, la frustration et le ressentiment.
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La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l’on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.
Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d’inquiétude qui n’est pas vulgaire, et auquel l’esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
Chaque jour le travail accapare davantage la bonne conscience à son profit : le goût de la joie s’appelle déjà « besoin de repos » ; il commence à rougir de lui-même.
L’instant de l’extrême fatigue, de l’extrême conscience, de l’extrême raison, veut l’immobilité totale, la non-défense, n’importe comment tu tombes, sur le ventre ou sur le dos.
Le travail le plus fatigant n’est pas celui que l’on fait mais celui qui nous reste à faire.
La joie d’avoir travaillé est mauvaise : elle empêche de continuer.
Nous nous consolons souvent par faiblesse des maux dont la raison n’a pas la force de nous consoler.
Le repos est aussi indispensable que le travail, car qui ne sait pas se reposer ne saura pas travailler.
Le travail bien fait n’est pas seulement une responsabilité pour nous-mêmes et pour la société ; c’est aussi un besoin émotionnel.
Le mécontentement ne vient pas avec l’échec, qui incite à la patience, mais avec le succès qui rend exigeant.

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