Un mélomane est un monsieur qui, lorsqu’il entend Ornella Muti chanter dans sa salle de bains, s’approche du trou de la serrure... Pour y coller l’oreille !
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- Une rengaine, c’est un air qui commence par vous entrer par une oreille et qui finit par vous sortir par les yeux.
- Bruit : Puanteur dans l’oreille. Musique non domestiquée. Produit principal et signe authentique de civilisation.
- Il y a un rythme dans chaque phrase, donc une musique. Chaque syllabe y prend sa place. C’est un automatisme : quand je lis un texte, je ne lis pas, je le chante dans ma tête. C’est naturel, j’associe toute phrase à un tempo.
- La musique est en moi. Je la sens partout à la fois. Serait-elle un fluide mystérieux doué d’ubiquité ou un philtre magique que l’ouïe absorbe pour la dispenser dans toutes les cellules et nous apporter l’évasion.
- Entendez-vous ? Le kankan, le kangoo, le kangourou ! Lui est un artiste-né de la musique improvisée. En faux timide, il lance la note Et vous met le coeur dans la poche.
- Un pauvre hère qui montre la musique à sa pupille, infatué de son art, friponneau, besogneux, à genoux devant un écu, et dont il sera facile de venir à bout, monseigneur...
- Quand ses doigts touchaient les cordes une délicieuse musique y passait, beaucoup plus douce que le bruit des sources, ou que les phrases du vent dans les arbres.
- Le son de la pompe qui grince est aussi nécessaire que la musique des sphères.
- Le véritable mélomane est celui qui colle son oreille à la serrure d’une salle de bains afin d’entendre une femme chanter.
- Ce sont des voix qui restent en dernier, tout comme c’est la voix souvent qui, comme un parfum, précède et annonce l’entrée physique de quelqu’un dans votre vie.
- Les voix ont un pouvoir étrange sur les mots. Une seule intonation sur une syllabe et tout change.
- Maman entre sans bruit pour me border, elle s’éloigne sur la pointe des pieds. Du fond de mon sommeil j’entends son pas qui résonne, décroît, comme les notes d’argent d’une musique très précieuse, très ancienne... Je suis un enfant.
- Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste. Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre. La densité se propage en elle, comme du sang dans de l’eau.
- La voix de Philippe Noiret. Le timbre d’une plénitude chaleureuse, une fluidité grave de hautbois, comme un accord avec tout de la vie. Mais au fond de ce velours, il y a un éloignement, une mélancolie. Une mélodie qui semble tellement en harmonie avec les choses de la terre qu’elle annonce déjà comme un départ.
- Les différentes voix s’unissent dans la mélodie : l’une résonne gaie, vivante, sûre de la victoire, tandis que l’autre paraît encore se débattre dans les ténèbres au milieu d’un combat plein de mélancolie... C’est l’expression la plus nette et la plus parfaite de la vie intérieure.