Maman entre sans bruit pour me border, elle s’éloigne sur la pointe des pieds. Du fond de mon sommeil j’entends son pas qui résonne, décroît, comme les notes d’argent d’une musique très précieuse, très ancienne... Je suis un enfant.
Image : Maman entre sans bruit pour me...

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- C’était extravagant de jouer sur la plage. Le thé était apporté sur un plateau d’argent à 5 heures. Je suis née dans un milieu bourgeois, passionné de musique. Mes parents se vouvoyaient, ma mère se changeait pour le dîner.
- Il y a un rythme dans chaque phrase, donc une musique. Chaque syllabe y prend sa place. C’est un automatisme : quand je lis un texte, je ne lis pas, je le chante dans ma tête. C’est naturel, j’associe toute phrase à un tempo.
- Serge écrit de la musique, alors c’est étrange de me retrouver dans ce monde-là encore, non pas que ça me manquait de taper sur un vieux piano, mais j’avais un peu peur de me répéter.
- La musique m’a éloigné de la rue et des ennuis et m’a donné quelque chose qui m’appartenait que personne ne pouvait me retirer.
- Me levant en ruisselant au milieu de la nuit, contaminé par l’effroi qui régnait perpétuellement entre nos murs, je réveillai un de ces deux parents. Une enfilade de coups s’ensuivait alors et tout le monde trouvait alors le sommeil.
- Je me replie. Je rentre en moi par mon oreille gauche. Mes pas retombent dans la solitude de mon crâne qu’illumine seule une constellation grenat. Je parcours à tâtons l’énorme salle démantelée. Portes murées, fenêtres condamnées.
- Un instant, j’ai pensé à ces phrases fantômes, ces réparties féroces, ces milliers de répliques jamais envoyées, demeurées suspendues, invisibles, ces griffes fières, jamais sorties de mon corps.
- La musique est comme un rêve que je ne peux plus entendre.
- Les sanglots longs Des violons de l’automne Bercent mon coeur D’une langueur monotone.
- Il y a chez chacun de nous, surtout dans la jeunesse, quelque chose qui chante. La plupart des hommes ne se rendent pas compte de cette musique vague et fugitive; le poète seul arrête au passage les divins accents.
- Quand ses doigts touchaient les cordes une délicieuse musique y passait, beaucoup plus douce que le bruit des sources, ou que les phrases du vent dans les arbres.
- La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l’illusion de cette vie luxueuse qu’il lui faudrait tout à l’heure abandonner.
- Et chaque silence est une musique à l’état de gestation.
- Une femme, surtout si elle est triste, ne peut pas ne pas comprendre la musique.
- La musique est en moi. Je la sens partout à la fois. Serait-elle un fluide mystérieux doué d’ubiquité ou un philtre magique que l’ouïe absorbe pour la dispenser dans toutes les cellules et nous apporter l’évasion.