Si, au lieu de gagner beaucoup d’argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d’argent ?
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Si, au lieu de gagner beaucoup d’argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d’argent ?
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Journal, 1887-1910
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La vie est à nous pour être dépensée, non pour être économisée.
Mieux vaut ne pas avoir d’argent que de ne pas avoir d’âme.
On peut vivre sans richesse, presque sans le sou. Des seigneurs et des princesses, y’en a plus beaucoup. Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas, non, non, non, non, on ne le pourrait pas.
Comment n’aimerait-on pas l’argent ? Il faudrait n’aimer rien, puisque l’argent mène à tout.
Il faut de l’argent pour être heureux. Sans argent bernique.
Il faut choisir dans la vie entre gagner de l’argent et le dépenser : on n’a pas le temps de faire les deux.
Le mariage, la maison, ça se paye avec l’argent qu’on a gagné en vendant notre sang. Celui qu’on gagne dans les champs nous permet tout au plus de ne pas mourir de faim.
De nos jours, l’homme du monde est celui qui a assez d’argent pour faire ce que feraient tous les sots, s’ils en avaient les moyens : c’est-à-dire consommer sans produire.
Ce n’est pas par les revenus de chacun, mais par son train de vie qu’il faut évaluer sa fortune.
L’argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières.

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