Se faire chaque soir cette question : « Ai-je assez ménagé la vanité de ceux avec qui j’ai vécu aujourd’hui ? ».
Romancier, 1783-1842 Image : Olof Johan Södermark, Domaine public, Wikimedia Commons Se faire chaque soir cette question : « Ai-je assez ménagé la vanité de ceux avec qui j’ai vécu aujourd’hui ? ».
Romancier, 1783-1842 Image : Olof Johan Södermark, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal [par] Stendhal. Texte établi et annoté par Henry Debraye et Louis Royer
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Si, autrefois, devant un mort, je me demandais : « À quoi cela lui a-t-il servi de naître ? », la même question, maintenant, je me la pose devant n’importe quel vivant.
Vivre, n’est-ce pas toujours se remettre en question ?
Mieux vaut battre en retraite devant une question embarrassante. Celui qui l’a posée est toujours le premier à y répondre.
La grande vanité de ceux qui n’imaginent pas, est de se croire seuls judicieux.
Un peu de vanité et un peu de volupté, voilà de quoi se compose la vie de la plupart des femmes et des hommes.
Nombre d’opinions, hier encore acceptables, voire recommandables, sont, d’une génération à l’autre, happées par la désuétude. La plupart des polémiques à la mode ont déjà les relents d’une querelle de bouffons.
Qu’es-tu donc, toi qui m’aimes ? Le miroir où je me regarde ou l’abîme où je me perds ?
Alors, s’exaltant pour exalter : Eh quoi ! C’est vous, ajoute-t-il, que cette pensée n’enflamme point ?
Quand on a un homme dans sa vie, on s’interroge sur des choses idiotes, la tenue du rouge à lèvres, la forme du soutien-gorge, la couleur des cheveux. Ça occupe le temps. C’est gai.
Il y a une question dans « je t’aime » Qui demande « et m’aimes-tu, toi ? ».

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