J’étais en train d’apprendre que l’hypocrisie est sœur de la patience.
Écrivain, 1911-1996J’étais en train d’apprendre que l’hypocrisie est sœur de la patience.
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Vipère au Poing
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On prend souvent l’indolence pour la patience.
La patience est la mère de toute pédagogie.
La patience est une vertu, et j’apprends la patience. C’est une leçon difficile.
La patience, c’est la confiance dans le temps. Or le temps, c’est le progrès. Je crois à la force de la patience, mais je ne la confonds pas avec la prodigalité du temps.
Le propre de l’hypocrisie c’est d’être âpre à l’espérance. L’hypocrite est celui qui attend. L’hypocrisie n’est autre chose qu’une espérance horrible ; et le fond de ce mensonge-là est fait avec cette vertu, devenue vice.
S’armer de patience, combien l’expression est juste. La patience est effectivement une arme, et qui s’en munit, rien ne saurait l’abattre.
La patience est parfois le fruit le plus secret de l’impatience.
Le piège de la confiance, la franchise intéressée pour tout dire, la plus vertueuse hypocrisie.
Le sceptre du pauvre est la patience.
Hypocrisie, la politesse, disent les impolis pour se justifier. Mais il ne tient qu’à eux de la rendre sincère. La politesse qui n’est que politique prouve déjà une délicatesse dans la ruse. On ne justifie pas l’impolitesse par le souci de sincérité.

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