L’enfant naturel, l’orphelin Est malheureux et je le plains, mais, du moins, il n’est pas tenu Au respect d’un père inconnu.
1921-1981L’enfant naturel, l’orphelin Est malheureux et je le plains, mais, du moins, il n’est pas tenu Au respect d’un père inconnu.
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Le long éloignement d’un enfant qu’on ne connaît pas encore affaiblit, anéantit enfin les sentiments paternels et maternels ; et jamais on n’aimera celui qu’on a mis en nourrice comme celui qu’on a nourri sous ses yeux.
On a beau dire, c’est angoissant une enfant qui ne ressemble pas à ses parents.
En chaque enfant, on l’ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d’être considéré comme une (grande) personne. Aussi attend-il qu’on ait à son égard le comportement et le respect que l’on a vis-à-vis d’un adulte. Il a raison.
Grandir, c’est s’apercevoir que ses parents ne sont pas indispensables.
Le soin apporté à l’enfant est un signal que les mères envoient au monde. L’enfant qui en est dépourvu, qui a la morve au nez, les cheveux mal coiffés, les habits sales ou négligés, porte sur lui les stigmates du manque d’amour.
Un enfant est un individu, un être détaché qui grandit à sa manière. On ne peut pas prévoir ce qu’il deviendra. On peut espérer, tenter de l’influencer, être contrariée, mais on ne peut rien changer.
Il vaut mieux que les enfants rougissent des parents que les parents des enfants.
Digne d’envie, celui qui, béni dans ses enfants, ne s’est pas en eux préparé des calamités singulières !
Les parents sont des distillateurs d’angoisse, mais ceux qui n’hériteraient d’aucune angoisse seraient bien démunis.
O mon Dieu, comme il est difficile d’être le père d’une jeune fille.

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