La douleur est le poison de la beauté.
Poète, 1564-1616 Image : Attributed to John Taylor, Domaine public, Wikimedia Commons La douleur est le poison de la beauté.
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Oeuvres complètes de Shakespere, 1
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La beauté est la nourriture de l’œil et la tristesse de l’âme.
La beauté est relative. Le plaisir, la joie, ou la douleur même illumine le visage et lui donne un genre de beauté qui vient de l’intérieur.
Il y a quelque chose d’odieux dans la beauté dès qu’elle prend conscience d’elle-même, dès qu’elle devient sensuelle.
L’amour est un poison. Un poison certes délicieux, mais qui n’en est pas moins mortel.
On ne peut que fermer les yeux devant la beauté absolue, elle donne des douleurs dans le cœur et brûle les yeux.
Contrairement à l’adage célèbre, la beauté n’est pas une promesse de bonheur mais une certitude de désastre. Les êtres beaux, hommes ou femmes, sont des dieux descendus parmi nous et qui nous narguent de leur perfection. Là où ils passent, ils sèment la division, le malheur et renvoient chacun à sa médiocrité. La beauté est peut-être une lumière mais qui approfondit la nuit ; elle nous soulève très haut et nous dépose ensuite si bas qu’on regrette de l’avoir approchée.
C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
La beauté ne fait pas l’amour, c’est l’amour qui fait la beauté.
Je comprends d’instinct que sans la beauté, la vie ne vaut probablement pas la peine d’être vécue, et que d’autre part une certaine forme de mal vient justement de l’usage terriblement perverti que l’on fait de la beauté.
Le maquillage est le linceul de la beauté.

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