Le changement du cœur d’un amant n’est pas ce qu’on peut le plus craindre.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Le changement du cœur d’un amant n’est pas ce qu’on peut le plus craindre.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Fourberies de Scapin (1671), acte III, scène 1, Zerbinette
Le changement du cœur d’un amant n’est pas ce qu’on peut le plus craindre.On se peut naturellement croire assez de mérite pour garder sa conquête; et ce que je vois de plus redoutable dans ces sortes d’affaires, c’est la puissance paternelle, auprès de qui tout le mérite ne sert de rien.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d’avoir « jeté sa gourme » et « mené la vie de garçon » ? […] On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchainement subit de l’instinct viril. Juste crainte, mais qui n’est pas moins fondée […] pour la femme que pour l’homme.
Un cœur qui nous oublie engage notre gloire ;
Il faut à l’oublier mettre aussi tous nos soins :
Si l’on n’en vient à bout, on le doit feindre au moins.
Bien des gens ont frondé d’abord cette comédie ; mais les rieurs ont été pour elle, et tout le mal qu’on en a pu dire n’a pu faire qu’elle n’ait eu un succès dont je me contente.
Une paille rompue
Rend, entre gens d’honneur, une affaire conclue.
Une personne de qualité
Ravit mon âme ;
Elle a de la beauté,
J’ai de la flamme ;
Mais je la blâme
D’avoir de la fierté.
Un cœur ne pèse rien alors que l’on l’affronte ;
Il court à sa vengeance, et saisit promptement
Tout ce qu’il croit servir à son ressentiment.
On n’a que faire d’avoir peur de trop charger la complaisance, et la manière dont on les joue a beau être visible, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la flatterie.
Quand on a des chagrins jaloux, on n’en use point de la sorte ; et l’on vient doucement se plaindre à la personne que l’on aime.
Je vois bien qu’on n’aime ici que la vaine apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue.
Toutes ces subtilités
N’ont que des excuses frivoles,
Et pour les esprits irrités
Ce sont des contre-temps que de telles paroles.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.