À d’aimables penchants notre cœur nous dispose ;
Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons À d’aimables penchants notre cœur nous dispose ;
Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Monsieur de Pourceaugnac (1669), acte I, scène 1, Premier musicien
Que soupirer d’amour Est une douce chose, Quand rien à nos vœux ne s’oppose!À d’aimables penchants notre cœur nous dispose; Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.Que soupirer d’amour Est une douce chose, Quand rien à nos vœux ne s’oppose!
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Des promenades du temps,
Ou repas qu’on donne aux champs,
Il ne faut point qu’elle essaye :
Selon les prudents cerveaux,
Le mari, dans ces cadeaux,
Est toujours celui qui paye.
Un cœur qui nous oublie engage notre gloire ;
Il faut à l’oublier mettre aussi tous nos soins :
Si l’on n’en vient à bout, on le doit feindre au moins.
Quand nous faisons besoin, nous autres misérables,
Nous sommes les chéris et les incomparables ;
Et dans un autre temps, dès le moindre courroux,
Nous sommes les coquins qu’il faut rouer de coups.
Aimez, aimables bergères,
Nos cœurs sont faits pour aimer :
Quelque fort qu’on s’en défende,
Il y faut venir un jour :
Il n’est rien qui ne se rende
Aux doux charmes de l’Amour.
Je vois bien qu’on n’aime ici que la vaine apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue.
Quelque amour que l’on ait pour moi, j’aime que ceux qui m’aiment rendent ce qu’ils doivent au sexe.
Toutes ces subtilités
N’ont que des excuses frivoles,
Et pour les esprits irrités
Ce sont des contre-temps que de telles paroles.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudrait se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
L’emportement d’un cœur qui peut s’être abusé
A de quoi ramener une âme qu’il offense ;
Et dans l’amour qui lui donne naissance
Il trouve au moins, malgré toute sa violence,
Des raisons pour être excusé.
Il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.

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