Pour la vie, la terre est un oasis, et l’homme une hallucination.

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Le silence de la terre vous arrivait en plein jusqu’au cœur-son mystère, sa grandeur, la stupéfiante réalité de sa vie cachée.
La première partie de la vie d’un homme doit être consacrée à la terre, la seconde au ciel.
Il y a dans le monde une insondable mélancolie qu’on ne découvre que dans la solitude, à certaines minutes comme celles-là. Les hommes aiment à la tromper, mais elle est au fond de tout, et c’est le regret du paradis que nous avons perdu.
L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
La terre est notre corps, notre esprit vient du soleil et notre pensée est une étincelle du soleil.
Nous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.
Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie.
Les hommes sont impossibles et pensent qu’ailleurs, leur vie est à recommencer. Ils rêvent constamment d’un paradis perdu.
La terre n’est-elle pas un siège suffisant pour un homme dont elle doit être, après sa mort, la demeure éternelle ?
Le sommeil est dans la vie le seul monde à nous, car la veille nous plonge dans l’illusion commune, dans l’océan de ce qu’on nomme réalité.

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