L’honneur du monde peut être avantageux à la fortune ; mais il ne pénètre point dans l’âme, et n’influe en rien sur le vrai bonheur.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons L’honneur du monde peut être avantageux à la fortune ; mais il ne pénètre point dans l’âme, et n’influe en rien sur le vrai bonheur.
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Source vérifiée
Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Première partie
Je distingue dans ce qu’on appelle honneur celui qui se tire de l’opinion publique, et celui qui dérive de l’estime de soi-même. Le premier consiste en vains préjugés plus mobiles qu’une onde agitée; le second a sa base dans les vérités éternelles de la morale.L’honneur du monde peut être avantageux à la fortune; mais il ne pénètre point dans l’âme, et n’influe en rien sur le vrai bonheur.L’honneur véritable au contraire en forme l’essence, parce qu’on ne trouve qu’en lui ce sentiment permanent de satisfaction intérieure qui seul peut rendre heureux un être pensant. Appliquons, ma Julie, ces principes à votre question: elle sera bientôt résolue.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Comme les richesses de ce monde sont périssables, il n’y a rien de solide que la vertu et le bonheur.
Le bonheur ne réside pas dans les biens, et ni dans l’or, le bonheur habite dans l’âme.
Le bonheur ne consiste ni dans la gloire ni dans la puissance, ni dans la richesse, mais seulement dans la paix de la conscience et la soumission à Dieu.
Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni le laisser-aller qui créent le bonheur.
C’est la fortune et non la sagesse qui gouverne la vie.
Le caractère contribue à la prospérité et au bonheur bien autrement que ne le peuvent l’intelligence et la fortune.
La gloire et l’honneur ne sont, je le sais, que fantômes ; le bonheur et la joie, un désir sans objet ; la vie, misère vaine, ne produit pas un fruit.
Le bonheur, la faculté de jouir de toutes les choses de la vie et de l’esprit, est-il le privilège des seules natures grossières ?
Quand on est heureux, il semble que l’on en soit fier ; que le bonheur n’est pas jeté au hasard, mais que le choix que la fortune fait de vous pour vous caresser est une preuve et un témoignage de votre mérite.
Ah ! la gloire ! Triste denrée ! Elle se paie cher et ne se garde pas ! Ne serait-elle point l’égoïsme des grands hommes, comme le bonheur est celui des sots ?

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