Laisse donc de côté quiconque s’écarte de notre remémoration et ne s’attache qu’à la vie d’ici-bas !

Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
Laisse donc de côté quiconque s’écarte de notre remémoration et ne s’attache qu’à la vie d’ici-bas !

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Il faudrait rendre au passé sa véritable vocation, c’est-à-dire d’être oublié, et il cessera tout de suite d’exercer une quelconque influence nocive sur notre vie présente.
On ne peut revivre le passé que tout seul. À deux, l’accord manque.
Une visite de condoléances, ma petite-fille, cela apprend à vivre, à se tenir. À oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
Oubliée de tous, perdue dans le lointain du passé, la vie de n’importe qui a été pour toujours, et jusqu’aux siècles des siècles, et jusqu’à l’extrême fin des temps, l’unique chance de réalisation de ce n’importe qui.
Y’en à pas d’autre mademoiselle ! De vie, il y en à pas d’autres…
On ne quitte pas aisément sa famille, sa maison, ses amis, son travail, son passé. Ceux qui le feront seront des gens moralement à bout de force. Leur audace se révélera celle du désespoir.
Vivre, c’est ne pas se résigner.
Que personne ne se hâte de voir le jour ou tous ses parents et leurs familles feront son éloge.
La mort semble la seule route possible pour retrouver la dignité perdue. Le retour du pays d’un reflet.
Et quand la dernière survivante aura rejoint les siens dans le ciel de Pologne, nous laissant seuls avec pour héritage sa chancelante mémoire, qu’en ferons-nous, nous les orphelins ?

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