Un étranger nous voit tels que nous sommes et non tels qu’il veut croire que nous sommes.
1964-2020Un étranger nous voit tels que nous sommes et non tels qu’il veut croire que nous sommes.
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Source vérifiée
L'Ombre du vent (2004)
Le texte original diffère de quelques mots.
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Les autres sont invisibles pour nous parce que nous ne faisons pas l’effort de les reconnaître comme des êtres humains.
Se montrer tel qu’on est, c’est accepter d’être vu autre qu’on n’est. Tenir compte de la distorsion que subit notre image en l’esprit d’autrui.
Les autres voient notre présence, nos gestes, la façon dont les mots se forment sur nos lèvres ; seuls, nous voyons notre vie. Cela est étrange : nous la voyons, nous nous étonnons qu’elle soit ainsi, et nous ne pouvons la changer.
Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous dit de ceux qui ne pensent pas comme nous.
Une illusion dont nous sommes souvent dupes : dès que nous rencontrons quelqu’un qui partage notre opinion, nous sommes enclins à croire qu’elle devient moins contestable.
Ce que nous évitons de reconnaître en nous-mêmes, nous le rencontrons plus tard sous la forme du destin.
Je ne me laisserai ni définir ni séduire par la tentation forte que représente la reconnaissance, laquelle, quelle que soit sa forme, ne peut nous reconnaître que comme ceci et cela, c’est-à-dire comme quelque chose que fondamentalement nous ne sommes pas.
Les amis de nos amis peuvent devenir odieux, à force de nous représenter combien les êtres dont nous nous croyons proches sont des inconnus.
Au lieu d’être attentifs à connaître les autres, nous ne pensons qu’à nous faire connaître nous-mêmes. Il vaudrait mieux écouter pour acquérir de nouvelles lumières que de parler trop pour montrer celles que l’on a acquises.
Etre clair ? Nous sommes si peu capables d’effort pour comprendre les autres !

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