L’Envie est une bête sauvage qu’il ne faut pas chasser à mort mais domestiquer pour en faire de l’Admiration.
Écrivain, 1913-1979L’Envie est une bête sauvage qu’il ne faut pas chasser à mort mais domestiquer pour en faire de l’Admiration.
Écrivain, 1913-1979Partager sur
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Liberez Barabbas
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L’animal même sauvage, quand on le tient enfermé, oublie son courage.
En observant en permanence les animaux dans leur état naturel, on s’attache trop à eux pour avoir envie de les abattre. Tout le côté sportif de la chasse réside dans le fait de savoir les traquer, pas dans la mise à mort.
Il y a des animaux ainsi faits, ils ont beau être innocents et malheureux et tout, on le sait, on leur en veut quand même. Il leur manque quelque chose.
L’expérience vitale de cette amitié avec les animaux le projette hors de la condition générale de l’humanité « déchue ».
Il y a cette immense liberté de l’animal, enfermé certes dans les limites de son espèce, mais vivant sans plus sa réalité d’être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d’exister.
Si les animaux font l’amour sans se regarder en face, c’est qu’ils n’ont pas d’arrière-pensées.
L’homme se distingue des autres animaux surtout en ceci : il est le seul qui maltraite sa femelle, méfait dont ni les loups ni les lâches coyotes ne se rendent coupables, ni même le chien dégénéré par la domestication.
Un chien qui se remue vaut mieux qu’un lion accroupi.
Le cochon offre de nombreux points de comparaison avec un autre mammifère sans poils passé expert dans l’art de semer la merde et de se vautrer dedans.
Qui s’est abaissé devant une fourmi, n’a plus à s’abaisser devant un lion.

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