Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant le vif.
Écrivain, 1740-1794 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant le vif.
Écrivain, 1740-1794 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Maximes et Pensées (1923), chapitre 7, 458
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le cœur a ses prodigues et ses avares ; il a aussi ses économistes qui le discutent comme un budget.
Pour comprendre la vie, les économistes ne cessent d’en chasser le sel, l’amour, le désir, la violence, la peur, l’effroi, au nom de la rationalité des comportements. Ils traquent pour la détruire cette émotion qui abolit la chaîne causale.
Le fisc est assurément le plus grand des guérisseurs. Il pratique largement « l’imposition » des deux mains.
Le philosophe est le marchand de sommeil des élites.
Les médecins purgent les corps ; les théologiens, la conscience, et les gens de loi, la bourse.
Un académicien, c’est un homme qui, à sa mort, se change en fauteuil.
L’homme qui prépare les onguents et les médecines a pour nom apothicaire. Lorsque c’est une femme qui exerce cette activité, on l’appelle sorcière. (…) Les hommes aiment bien tuer une femme de temps en temps.
L’argent est un remède à tout mal, hormis à l’avarice.
Le comble de l’avare ?
Offrir son corps à la science pour éviter les frais d’enterrement.
Tant qu’un problème n’est pas entièrement résolu, le chercheur qui s’y attache a le droit de s’en exagérer la beauté.

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