On apprend véritablement à haïr à partir de l’instant où l’on prend conscience de son impuissance.
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L’Attentat (2005), p. 212
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La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance.
La haine, tu vois… Est le refuge de ceux qui ne supportent pas de faire face à leur souffrance.
La haine, c’est une différence que l’on n’assume pas. C’est une volonté d’être maître de l’autre. L’homme peut lutter contre cette haine s’il fait preuve de lucidité et courage.
La haine est un sentiment qui ne peut exister que dans l’absence de toute intelligence.
Tu ne haïras point : car haïr, c’est tuer au fond de son cœur.
Mettre des mots sur ce qu’on éprouve, aussi bien dans la tendresse que dans la haine, c’est cela qui est humain.
Pour quiconque, la haine passive et destructrice est un sentiment malsain à apprivoiser et à métamorphoser, par l’intelligence humaine, en énergie vitale et constructive.
Maintenant je sais aussi que l’on peut détester chaque être aimé. Par instants. Par douleur.
Il faut haïr très peu, car c’est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent et ne jamais oublier. Le pardon ne peut entraîner l’oubli ; pour moi, du moins.
La haine est la grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité et pour la mort.

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