L’amitié dont la sagesse n’est pas le nœud est aisément désunie par la folie.
Poète, 1564-1616 Image : Attributed to John Taylor, Domaine public, Wikimedia Commons L’amitié dont la sagesse n’est pas le nœud est aisément désunie par la folie.
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Oeuvres complètes de Shakspeare
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L’amitié est soupçonneuse, et ce défaut lui fait honneur.
Il est sage de verser sur le rouage de l’amitié l’huile de la politesse délicate.
Il n’est de but dans l’amitié, si ce n’est l’approfondissement de l’esprit.
Une amitié qui ne peut pas résister aux actes condamnables de l’ami n’est pas une amitié.
Rien, cependant, n’est plus éloigné de l’amitié que le rapport maître-élève. L’ami n’est pas un gourou qui possède la vérité ; sa révélation n’est pas un enseignement. C’est une démarche qui permet de parvenir à la même conclusion en partant de points de vue différents. C’est une convergence dans la vérité.
L’amitié doit être éclairée et l’amour aveugle. Qui ne voit pas les défauts de son ami ne l’aime pas, et qui voit ceux de sa maîtresse ne l’aime plus.
L’amitié est cette coïncidence parfaite de deux désirs. Mais l’envie et la jalousie ne sont pas autre chose. La mimesis du désir est à la fois le ressort de ce que l’amitié offre de meilleur et de ce que la haine a de pire.
Les deuils de l’amitié sont bien plus graves que les deuils de la passion. Ils ne guérissent pas. Un ami n’en remplace pas un autre.
L’amitié peut commencer plus mal et ne saurait mieux finir que dans un rire.
Rien de plus malaisé que d’obtenir de nos amis qu’ils nous fichent la paix. Dès qu’on prend un peu le large par amour du silence, ils se croient trahis.

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