Ma vie n’offre aucun intérêt au public, si ce n’est la circonstance qui m’a tiré de Mugron. Si j’avais su qu’on s’occupait de cette notice, j’aurais raconté ce fait curieux.
1801-1850Ma vie n’offre aucun intérêt au public, si ce n’est la circonstance qui m’a tiré de Mugron. Si j’avais su qu’on s’occupait de cette notice, j’aurais raconté ce fait curieux.
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OEuvres complètes de Fréderic Bastiat
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Moi, qui ai plus de conscience, j’aurais moins de liberté ?
Longtemps je n’ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.
Je ne suis pas l’une de ces personnes qui entrent dans les détails de ma vie personnelle à la télévision pour attirer l’attention.
Je ne sais à quoi s’occupent les autres. Je pars de la constatation simple que l’époque est un désespoir pour qui ne s’est pas inventé une vie privée en relief.
J’ai voulu les responsabiliser, ça n’a pas marché, j’aurais dû être plus autoritaire. J’ai fait des erreurs dans le choix des 23, pas sur le plan technique, mais sur le plan mental.
L’argent, c’est de la liberté frappée. Moi, personne n’a pu me dompter.
Je ne l’ai pas mis au monde pour que derrière une mitrailleuse il guette ses semblables. S’il y a de l’injustice dans le monde, je ne lui ai pas appris à s’y associer.
Je retire toute confiance à l’imbécile qui a ôté l’écriteau à l’entrée de ce monde : « Attention, la vie peut conduire à la mort. ».
Privée de ma liberté par un jeu de barrages et d’autocensure, je n’ai su ni créer un personnage ni tracer un portrait.
Si les gens savaient à quel point j’ai travaillé pour développer ce talent, il ne s’étonneraient plus.

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