Fut-il jamais destin plus brouillé que le nôtre !
Sortant d’un embarras, nous entrons dans un autre.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Fut-il jamais destin plus brouillé que le nôtre !
Sortant d’un embarras, nous entrons dans un autre.
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L’Étourdi ou les Contretemps (1654), Mascarille
Sans doute c’est l’amant dont Célie a parlé.Fut-il jamais destin plus brouillé que le nôtre! Sortant d’un embarras, nous entrons dans un autre.En vain nous apprenons que Léandre est au point De quitter la partie, et ne nous troubler point; Que son père, arrivé contre toute espérance, Du côté d’Hippolyte emporte la balance, Qu’il a tout fait changer par son autorité, Et va dès aujourd’hui conclure le traité; …
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C’est l’ensemble de la vie individuelle que l’on devrait nommer destin et non pas ce futur tangible qui, d’une heure sur l’autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Des promenades du temps,
Ou repas qu’on donne aux champs,
Il ne faut point qu’elle essaye :
Selon les prudents cerveaux,
Le mari, dans ces cadeaux,
Est toujours celui qui paye.
Quand nous faisons besoin, nous autres misérables,
Nous sommes les chéris et les incomparables ;
Et dans un autre temps, dès le moindre courroux,
Nous sommes les coquins qu’il faut rouer de coups.
Aimez, aimables bergères,
Nos cœurs sont faits pour aimer :
Quelque fort qu’on s’en défende,
Il y faut venir un jour :
Il n’est rien qui ne se rende
Aux doux charmes de l’Amour.
Je vois bien qu’on n’aime ici que la vaine apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue.
Quelque amour que l’on ait pour moi, j’aime que ceux qui m’aiment rendent ce qu’ils doivent au sexe.
Toutes ces subtilités
N’ont que des excuses frivoles,
Et pour les esprits irrités
Ce sont des contre-temps que de telles paroles.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudrait se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
L’emportement d’un cœur qui peut s’être abusé
A de quoi ramener une âme qu’il offense ;
Et dans l’amour qui lui donne naissance
Il trouve au moins, malgré toute sa violence,
Des raisons pour être excusé.
Il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.

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