N’allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d’une censure générale ; et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu’on parle à nous.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons N’allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d’une censure générale ; et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu’on parle à nous.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
La Critique de L’École des femmes (1663), scène 6, Uranie
Pour moi, je me garderai bien de m’en offenser, et de prendre rien sur mon compte de tout ce qui s’y dit. Ces sortes de satires tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion.N’allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d’une censure générale; et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu’on parle à nous.Toutes les peintures ridicules qu’on expose sur les théâtres doivent être regardées sans chagrin de tout le monde. Ce sont miroirs publics, où il ne faut jamais témoigner qu’on se voie; et c’est se taxer hautement d’un défaut, que se scandaliser qu’on le reprenne.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Même si vous menez une vie dont vous êtes fier, il y aura toujours quelqu’un pour vous juger ou vous rabaisser. Et je crois qu’il y a, là, une leçon à retenir.
L’on cherche souvent plus qu’on ne veut trouver.
Quand nous faisons besoin, nous autres misérables,
Nous sommes les chéris et les incomparables ;
Et dans un autre temps, dès le moindre courroux,
Nous sommes les coquins qu’il faut rouer de coups.
Aimez, aimables bergères,
Nos cœurs sont faits pour aimer :
Quelque fort qu’on s’en défende,
Il y faut venir un jour :
Il n’est rien qui ne se rende
Aux doux charmes de l’Amour.
Je vois bien qu’on n’aime ici que la vaine apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue.
Quelque amour que l’on ait pour moi, j’aime que ceux qui m’aiment rendent ce qu’ils doivent au sexe.
Toutes ces subtilités
N’ont que des excuses frivoles,
Et pour les esprits irrités
Ce sont des contre-temps que de telles paroles.
Des promenades du temps,
Ou repas qu’on donne aux champs,
Il ne faut point qu’elle essaye :
Selon les prudents cerveaux,
Le mari, dans ces cadeaux,
Est toujours celui qui paye.
Il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.
Peut-on être jamais satisfait en soi-même,
Lorsque par la contrainte on obtient ce qu’on aime ?
C’est un triste avantage, et l’amant généreux
À ces conditions refuse d’être heureux.

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