Si l’heureux âge d’or exista jadis, pourquoi n’existerait-il pas de nouveau, puisque toute chose qui a été, revient à sa source après avoir suivi son cours ?
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- La retraite, c’était tout simplement l’arrêt tant attendu d’un esclavage relatif et moderne. C’est tout. Pas l’arrêt du plaisir. Pas celui de la vie.
- Si un homme de l’âge de pierre avait dû réfléchir sur un sourire, cela l’aurait exténué.
- Je doute qu’un homme sage et sensé, voulût redevenir jeune aux mêmes conditions qu’il l’a été.
- A partir d’un certain âge, la vieillesse nous donne les traits de tous nos ancêtres réunis, dans la molle bousculade des réincarnations.
- Et si c’est cela la vie : retrouver son enfance, alors, à ce moment-là, lorsque la vieillesse l’a rejointe un beau jour, la petite ronde doit être presque finie, la fête terminée.
- Si les mortels se décidaient à rompre avec la Sagesse et vivaient sans cesse avec moi (la folie), au lieu de l’ennui de vieillir, ils connaîtraient la jouissance d’être toujours jeunes.
- Aimons davantage les anciens, mais copions-les moins ! Si les Grecs ont été grands, dit un adage, c’est qu’ils ne se sont jamais inspirés de leurs propres anciens.
- L’âge mûr de l’homme s’apparente à celui des poires. Dans les deux cas, c’est la queue qui lâche. En amour il n’y a que la conquête et la rupture qui soient intéressantes, le reste n’est que du remplissage.
- Les années passant n’ont pas effacé les souvenirs de cette époque bénie où tout, certes, n’était pas rose, mais si exaltant.
- On n’était pas encore parvenu à l’âge de fer, et il était probable qu’on n’y arriverait pas de si tôt, parce qu’avec les hommes la création n’allait pas aussi vite qu’avec le bon Dieu. S’il avait seulement repris son travail une autre semaine après son jour de repos, il aurait été parfaitement capable de donner à l’humanité, en quelques jours supplémentaires, la pierre polie, le fer, les allumettes, l’étain qui fournit le tain, l’imprimerie, le gramophone et la télévision. Mais peut-être avait-il pensé, dans sa sagesse, qu’il valait mieux laisser aux mortels un peu d’initiative.
- Heureux cet âge de la vie qui s’étend, paisible et fructueux, entre les noces d’argent dont le vieillard a eu la possession et les noces d’or dont il médite la promesse.
- Il avait, tout léger qu’il était et sans que cela coutât rien à sa gaieté, une certaine façon d’être, imposante, digne, honnête et bourgeoisement altière; et son grand âge s’y ajoutait.
- Mais non; je ne veux point d’une félicité que peut flétrir la clairvoyance. Il faut savoir retrouver le bonheur par delà. Acceptation; confiance; sérénité; vertus de vieillard. L’âge de la lutte avec l’ange est passé.
- Le vie est exubérante et vorace, en bien et en mal, et ici en ce siècle elle l’avait prouvé. Il ne lui avait manqué qu’une chose, le moyen simplement mécanique de courir occuper les étoiles.
- Tous les prodiges n’avaient-ils pas leur reflet dans la réalité, et ne retrouvait-on pas dans chaque instant d’une vie naissante la splendeur de l’inaccessible et le bruissement de ce qui sera pour toujours incompréhensible ?