Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction.
Écrivaine, 1882-1941Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction.
Écrivaine, 1882-1941Partager sur
Source secondaire
Une chambre à soi (1929), chapitre 1, p. 8
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Brûler de rencontrer la femme idéale, c’est de l’impatience fiction.
Quel littérateur ne quitterait pas une femme pour avoir le droit de raconter ses amours avec elle.
Je dis toujours qu’une femme devrait être comme un bon film à suspense : plus on laisse l’imagination, plus il y a d’excitation. Cela devrait être son objectif – créer du suspense, permettre à un homme de découvrir des choses sur elle sans qu’elle ait à le lui dire.
La fiction est fiction. Appeler une histoire histoire vraie, c’est faire injure à la fois à l’art et à la vérité. Tout grand écrivain est un grand illusionniste.
Les sots, les ignorants, les gens malhonnêtes, vont prendre dans les livres des idées, de la raison, des sentiments nobles et élevés, comme une femme riche va chez un marchand d’étoffes s’assortir pour son argent.
Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accommodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l’autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. Nous inventons tous notre vie.
La femme seule ne doit qu’à elle-même le compte de ses jours. Elle s’habille pour elle, sort à sa guise, rentre à son gré, dispose comme il lui plaît de son temps, de son cœur et de son téléphone. Elle n’a jamais besoin de mentir, ni d’inventer, et elle.
Seules la fantaisie et l’ambition de la femme peuvent assumer la responsabilité de cet assassinat du matériau car l’ornement au service de la femme vivra éternellement.
C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.
Les femmes semblent être supérieurement douées pour les fonctions qui coûtent de l’argent au lieu d’en rapporter.

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