On s’engage souvent par manque de courage intellectuel. Prendre un parti, c’est démissionner du sien.
Écrivain, 1925-2015On s’engage souvent par manque de courage intellectuel. Prendre un parti, c’est démissionner du sien.
Écrivain, 1925-2015Partager sur
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Le mot du silencieux
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Il y a toujours moins de courage à emboîter le pas qu’à se détacher d’un ensemble.
Le courage les abandonne.
Le lot de celui qui s’est trop révolté est de n’avoir plus d’énergie que pour la déception.
Nous savons que la passion, le préjugé, le parti, et même la bonne volonté, tentent beaucoup de ceux qui conservent un caractère juste avec le monde à s’écarter de la vérité dans le laxisme de la conversation.
Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière.
En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.
La notion de parti peut très bien aller sans la démocratie. Cela arrive quand un parti ou un groupe d’hommes s’imagine détenir la vérité absolue. C’est pourquoi l’Assemblée et les députés ont besoin aujourd’hui d’une cure de modestie.
Ne pas avoir un point de vue politique correct, c’est comme ne pas avoir d’âme.
Lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.
S’abandonner au délire demande autant d’efforts que de passer sa vie à être raisonnable !

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