Il s’agit de réagir à ce que l’on voit, en espérant que ce soit sans idée préconçue. On peut trouver des images partout. Il suffit de remarquer les choses et de les organiser. Il suffit de s’intéresser à ce qui nous entoure et de s’intéresser à l’humanité et à la comédie humaine.
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- Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage.
- Dans certaines photographies, l’essence de la lumière et de l’espace domine; dans d’autres, la substance de la roche et du bois, et l’insistance lumineuse des choses qui poussent… C’est mon intention de présenter – par le biais de la photographie – des observations intuitives du monde naturel qui peuvent avoir un sens pour les spectateurs…
- La photographie a ouvert des horizons illimités à la pathologie du progrès, puisqu’elle nous a incités à déléguer à la multitude de nos machines de vision le pouvoir exorbitant de regarder le monde, de le représenter, de le contrôler.
- Photographier une personne, c’est affirmer qu’elle nous intéresse.
- Le processus de la photographie est un plaisir. Les yeux grands ouverts, il rend réceptif, sensible, jusqu’au moment où une connexion s’opère. Il est si exaltant de sortir des confins de l’esprit, les yeux loin devant la pensée.
- Pouvoir observer avec l’oeil d’un étranger aide à voir avec l’oeil d’un artiste. Ce qui nous aliène inspire.
- Une photo peut exprimer un humanisme universel, ou simplement révéler une vérité délicate et poignante en exposant une tranche de vie qui pourrait autrement passer inaperçue.
- Une fois que vous acceptez l’idée que toutes les photographies sont des fictions, des analogies pour les choses représentées, alors vous êtes plus réceptifs à la signification suggérée par cette analogie, par cette fiction. Plus précisément, une photographie parle de choses qui n’existeraient pas sans elle.
- Toutes les choses qu’on ne voit pas. Tout ce qui palpite sans figurer sur les images, ce qu’on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers. Et dont on voudrait tellement témoigner pourtant.
- On voyage car on veut voir, on veut nourrir nos yeux avant que ceux-ci ne se ferment, et pour se prouver qu’on les a nourris, on photographie.
- Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
- C’est toujours ce qui se passe dans la vie : on s’imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l’on ne soupçonne pas qu’on vous a discrètement changé les décors, si bien que l’on doit, sans s’en douter, se produire dans un autre spectacle.
- Quand les gens posent pour une photographie, ils sourient, ils sont bons, leur âme est endimanchée. C’est agréable de les regarder, on a le meilleur d’eux.
- Je témoignais, je pensais qu’une photo forte devait nous raconter une particularité de la condition humaine. J’ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos les injustices que l’on rencontre.
- Une image n’est ni une présence visible pure, ni un écran tendu devant les choses. Elle est toujours un rapport entre deux choses. La photographie d’un visage nous le donne et soustrait la pensée qui l’anime.