À force de prendre des pilules pour dormir, notre civilisation prendra un jour des pilules pour mourir.
Source : Éloge de l’âge (1987)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
À force de prendre des pilules pour dormir, notre civilisation prendra un jour des pilules pour mourir.
Source : Éloge de l’âge (1987)
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L’espérance est la morphine de la vie.
Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d’un sommeil.
L’habitude de l’usine sera peut-être devenue drogue : chaque jour dans cette mélasse, absorber une dose d’hébétude. Il aura peine à se défaire de cet abrutissement providentiel, de cette sensation quotidienne d’un corps tellement courbatu que chaque soir la pensée s’endort dans une terrible sérénité.
Les drogues nous ennuient avec leur paradis. Qu’elles nous donnent plutôt un peu de savoir.
On écrit pour tuer le temps, pour tuer la mort, pour se guérir d’être en vie.
La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue.
Seuls la mort et le sommeil innocentent les hommes. La naissance fait de nous des païens, et la vie des carnassiers ou des puceaux.
Comme une journée bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien vécue nous mène à une mort paisible.
Dormir, c’est du temps perdu. Dormir me fait peur. C’est une forme de mort.
La sagesse du futur, celle qui évitera le suicide de l’humanité, ne consistera plus à gagner du temps mais à le remplir, à le vivre, à en prendre toute la mesure.

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