Qu’est-ce que l’amour, sinon la jeunesse et l’espoir s’enlaçant, et ne faisant plus qu’un ?
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Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir.
On dit quelquefois que l’amour ne peut durer, qu’il finit avec la jeunesse. Il serait mieux de dire qu’il se transforme.
Dans l’exaltation de la jeunesse et dans la fièvre du désir, l’attente et l’incertitude font partie intégrante des délices que l’amour promet.
La passion à perpétuité, c’est une idée d’adolescent. La passion n’a pas grand chose à voir avec l’amour.
L’amour est un espoir. De là sa nuance de bassesse. Seulement, c’est un espoir envers soi-même, de pouvoir être assez bien pour plaire, etc. De là sa nuance de hauteur.
Un premier amour a tout pouvoir sur le cœur de la jeunesse.
À vingt ans, l’amour est inconditionnel, irraisonné, passionné. On le croit éternel, on n’imagine pas qu’il puisse s’arrêter. Les certitudes sont vissées au corps, les promesses s’additionnent aux projets.
Qu’est l’amour ? Ce n’est pas demain ; Cœur joyeux veut rire à l’instant ; De l’avenir nul ne sait rien ; Attendre fait mince profit ; Viens donc, un baiser, belle de vingt ans, jeunesse ne saurait durer.
La jeunesse, l’impatience, le désir, l’espérance donnent son éclat au tout. Il y a une tristesse déchirante et de la beauté dans les soirs. Il n’y a rien, en vérité, qui ne soit beau dans le tout.
L’on sent à cet âge charmant Certain besoin d’aimer qui presse ; L’on est ami, l’on est amant, bien moins par choix que par ivresse ; Le cœur veut un attachement, et s’abandonne à la tendresse.

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